Aterrissage (Parachutage?) a la Big Smoke

Crazy London

Crazy London

Jeudi 11 Juin 2009. Victoire et soulagement ! Enfin, après une semaine de rétention forcée au 9 rue Jacques Moyron, et 2 heures de « retard technique » a l’aéroport (on nous cache quelque chose…), je parviens à m’arracher à la réalité em-lienne…

A moi la vie, la vraie ! Non pas celle ou l’on paye 50€ de l’heure s’entendre dire que nous nous apprétons à etre les futurs prédateurs des steppes commerciales… Ni celle ou open bar, happy hours, tek pafs et autres barmitzvas rythment et donnent sens a mon quotidien lyonnais ! Mais bien celle que j’ignore, que j’idéalise et espère… Sans meme savoir la décrire ! A 18h49- pardon à 6.49 PM- le tant attendu « This is your cap’tain speaking » retentit dans la carlingue de l’Airbus 9AK835 d’Easyjet. Tout arrive…

8.00 : Here I am. Londres, megalopole plus mégalo qu’autre chose (c’était gratuit) . Premier contact, premier doute: Suis-je vraiment en pays anglois ? J’entends plus parler francais, chinois et russe qu’anglais… Mais ou sont passés les londoniens ! Premiere critique de « french frie » : Ici, les pratiques alimentaires sont médiocres, et les femmes grosses. Les Tescos, Asda et autres Morrissons ont un Best Seller commun, outre les muffins, cremes Marmite super thick et pancakes en tous genres : J’ai nommé les plats uniques , fidèles aux valeurs individualistes qui règnent dans un monde si cosmopolite . Malgre tout , je retrouve immediatement mes repères en empruntant le métro. A peine arrivé dans la fourmillière formidable qu’est Londres, je me retrouve coincé dans le « tube » avec pour seul jingle : «… générale des transports… exigeons… Merci de votre patience… ». 2 heures pour traverser ce qui ne semble qu’etre le cœur de Londres. On finit par venir me chercher en voiture. Arrivée lunaire dans une ville qui n’est proche que géographiquement de Paris. Sitot arrivé, sitot couché.

Le lendemain (la nuit) de mon arrivée, tremblement de maison à 6.30. Ouch. On frappe à ma porte . Catherine, le petite dernière, montre timidement le bout de ses couettes blondes : « prayers time, Ronan ! ». Mmmm… Une fois la prière et le petit dej passés, les enfants se ruent sur leur Wii pour me créer un profil presonnalisé, en profitant pour m’arranger le portrait en me dessinant. Si , il ont trouvé le moyen de le faire. Me voilà partie intégrante de la famille !

9.00 Me voici à White City, au Westfield Shopping Center dont j’avais désespérement cherché des infos sur le net. Celui dont ont dit qu’il est le plus grand d’Europe… On me dit que je rate de quelques minutes Bernard Arnault, en visite dans ce qui est ma nouvelle boutique, dernier flagship store de LVMH. Qu’à cela ne tienne, d’autres celebs sont à l’affiche- Beyoncé, Scarlett Johnson, Kate Moss, les Pussycat Dolls ( !) … Entre des clients plus excentiques les uns que les autres, le ballet des directeurs européens et kingdomiens, et dans ce milieu deconnecté, je ne suis sur que d’une chose : Je ne me suis pas fait refiler la clause de monotonie dans mon contrat de travail. Un exemple :

Au bout d’une semaine de travail, la Reine de Dubai est passée a la boutique. Ayant affreté son jet pour venir faire des folies dans le tout dernier magasin Dior au pays de la Bruine naissante. Entourée de 10 hommes armés jusqu’ aux dents, elle a exigé que la boutique soit fermée pour elle, qu’elle en ait l’exclusivite. On n’a donc pris congé de tous les clients ne rentrant pas dans la classification “regular” ou “vip”. Les Vulgus pecum reviendront bien… Elle a simplement demandé à toucher un sac a 2 000€, puis nous lance “ok, j’ en prendrai 8 pour ma famille”… Comment dépenser 20 000 € en quelques minutes…

Premier Dimanche, Saint Peters Anglican Chuch: Réunion de la Communauté d’Antioche, rassemblant une centaine de familles oeucuméniques. Petit air de déjà vu en entrant dans une église réformée emplie de chants rock’n’roll et de mamas au dehanché… inspirant. Malgré la densité de la foule, on me repère et je me retouve sur l’estrade pour me présenter! Ambiance sans prise de tete ou chacun prend la parole pour partager ses “moments forts” (!) de la semaine, ponctués par une vague de “Amèèène” à l’américaine.

Lundi, Hampton Crescent, zone 4 (ce qui reste dans Central London!): Après deux heures de transports en communs et d’errements, j’arrive a l’anniversaire surprise de Johnny, un jeune belge de la communauté. Une soirée “locale” a la londonienne: Pour 40 invités, un seul British certifié conforme! Sur le chemin du retour avec un ami indien, on se fait accoster par un junkie quémandant quelques livres pour se rendre a une destination imprononcable autant qu’ improbable. Connaissant la chanson, je fait mine d’ etre a sec. Plus étonnant, mon ami s’arrete, fait un grand sourire au malheureux (!) et lui sort ses fonds de poches en entamant une conversation qui n’aboutira pas vraiment. Estomaché, je lui reproche sa naiveté à l’issue de la rencontre. “Tu te doutes bien que ton argent, il va en faire tout sauf ce qu’il tas dit!”. Et là, c’est la claque. Il me répond “Tu sais, l’argent est ce qu’il y a de plus vulgaire au monde. Il est commun a TOUS les hommes. Ce que je viens de lui donner, ce n’est pas de l’argent, mais de l’amour. Et tout le monde n’en a pas. Voilà pourquoi si l’on est pas généreux, personne ne le sera”. A méditer…


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