#ForgetMe Droit à l’oubli : #ReputationSquad était à la conférence de Google – Reputation Squad Blog

Ce jeudi se déroulait à Paris une réunion publique du Comité consultatif de Google sur le droit à l’oubli. Le géant américain avait annoncé une tournée des capitales européennes pour évoquer le sujet. La France était l’une de ces étapes, et nous y étions.

Le principe était le suivant : 8 membres du comité écoutaient 8 intervenants invités pour exprimer leur opinion sur la décision de la Cour de Justice de l’Union européenne et son application par Google. Leur propos terminé, les membres du comité leurs posaient des questions complémentaires avant de passer à l’invité suivant.

L’intégralité de la réunion est accessible sur YouTube à cette adresse : https://www.google.com/advisorycouncil/

Ce qu’il faut retenir :

UNE GRANDE QUALITÉ DES MEMBRES DU COMITÉ CONSULTATIF

C’est réellement une bonne surprise. On pouvait craindre que le Comité consultatif créé par Google ne soit qu’un écran de fumée, tout juste destiné à appuyer et justifier les prises de positions de la société californienne. Il n’en est rien.

Les membres présents ont su prouver par leurs questions non seulement qu’ils avaient déjà réfléchi en profondeur à la question, mais aussi qu’ils n’avaient pas de parti pris en faveur de Google. Les remarques étaient précises et intelligentes. Elles visaient justes et manifestaient un souci réel de trouver le bon équilibre.

Mais a l’heure actuelle, il semble évident que les réflexions du comité consultatif n’ont pas encore gagné les équipes opérationelles de Google, dont les choix sont parfois contestables ou surprenants.

UNE DÉCISION DE LA COUR DE JUSTICE QUI N’EST PAS COMPRISE PAR TOUT LE MONDE

C’était évident à écouter les intervenants et à suivre les livetweets de l’évènement. On s’étonne par exemple qu’il ait fallut attendre les dernières minutes de la conférence pour que quelqu’un en tribune rappelle clairement que la décision ne traite pas de « droit à l’oubli » mais bien, au maximum, d’un « droit au déréférencement ».

Plusieurs inexactitudes et incompréhensions ont été ainsi exprimées. Nous évoquons les principales contre-vérités sur le sujet dans le prochain numéro du Networker (à paraître bientôt).

Nous invitons également les internautes à nous poser des questions sur notre toute nouvelle plateforme dédiée au droit à l’oubli.

LES PROPOS QUI NOUS ONT INTERPELLÉ

Le droit à l’oubli des mineurs. Il est des intervenants pour considérer que l’idée même d’un droit à l’oubli applicable aux contenus publiés par les mineurs eux-mêmes serait dangereuse en ce qu’elle risquerait de les déresponsabiliser. Ce sont de tels propos qui nous semblent en fait dangereux. Faut-il pénaliser des enfants (des enfants !) parce qu’ils ont fait des erreurs, dans l’espoir hypothétique que cela servira d’exemple aux autres ?

La question de la notification. Faut-il notifier les éditeurs de sites internet quand l’un de leurs contenus a fait l’objet d’un déréférencement ? Faut-il même les notifier qu’une demande existe avant que le moteur de recherche n’ait pris sa décision d’accepter ou non le déréférencement ? Ces questions sont éminemment complexe et les réponses avancées n’ont pas convaincu, tant existe un fort risque de dénaturation de l’objectif initial. Si l’on ne notifie pas, on prend le risque, d’un manque de transparence. Mais si l’on notifie, on prend le risque de ruiner l’essence même du dispositif mis en place. La question mérite un débat plus poussé que ce qui nous a été donné à voir.

L’idée d’un déréférencement temporaire. Une idée qui a brusquement surgit et dont on comprend mal l’intérêt réel. Les membres du comité consultatifs ne semblaient d’ailleurs pas plus convaincus que nous. Une telle solution nous semble compliquer d’avantage une problématique déjà extrêmement complexe, pour un objectif qui n’a pas été clairement démontré.

La piste de la médiation. Les mécaniques de médiation ont fait leur preuve dans de très nombreux domaines économiques et sociaux. Si des démarches amiables sont la plupart du temps entreprises en amont auprès des éditeurs de contenus, il ne serait sans doute pas inutile de créer un cadre un peu plus formel pour encourager d’avantage les échanges construits entre les parties prenantes.

DE NOMBREUSES QUESTIONS TOUJOURS EN SUSPENS

Quelques avis très tranchés mis à part, la principale conclusion de la réunion publique semble être la suivante : la problématique est complexe et il faudra du temps avant de parvenir à une solution satisfaisante.

Une solution idéale, du reste, n’existe pas. Tous ou presque en étaient convaincus. Parmi les questions les plus délicates encore à traiter figurent notamment celles-ci :

Une personne publique doit-elle voir automatiquement ses demandes rejetées ? Qu’est-ce qu’une personne publique, à quel moment le devient-on ? A quel moment cesse-t-on de l’être ?
Un moteur de recherche doit-il ou peut-il “enquêter” sur le contexte d’une demande pour juger de son bien-fondé ?
L’Europe doit-elle se battre pour imposer à Google d’étendre le déréférencement des résultats aux versions non-européennes du moteur de recherche ?

Source: blog.reputationsquad.com

See on Scoop.itQuand l’assurance apprivoise internet – Ronan de Bellecombe

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